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EUTOPIE : Voyages géographiques, oniriques et poétiques de M. Rigan

PARTI POUR CROATAN

Equilibrium, Kurt Wimmer, 2002

Publié le 13 Septembre 2015 par Mako Rigan in Cinéma

C'est en faisant une recherche sur les dystopies (univers totalitaires) au cinéma que j'ai entendu parler de ce film. Je ne connaissais pas le réalisateur. Kurt Wimmer a été plus souvent scénariste dans sa carrière. L'histoire se passe en 2070, après une guerre nucléaire. Les survivants ont bâti une dictature religieuse basée sur l'idée que ce sont les sentiments qui font commettre aux humains les pires monstruosités. Pour neutraliser les sentiments, les habitants doivent prendre une drogue, le prozium. Ceux qui refusent, les « déviants émotionnels », cachent des œuvres d'art et de beaux objets menacés de destruction et sont pourchassés par l'armée du régime. L'histoire nous fait suivre John Preston, un Ecclésiaste, c'est-à-dire un des prêtres-guerriers chargés par le pouvoir de repérer les déviants émotionnels et de les abattre. Suite à l'attaque d'un repaire de rebelles, Preston remarque que son coéquipier se comporte étrangement. Il reconnaît en lui un déviant émotionnel et l'abat de ses propres mains. L'événement l'affecte pourtant. Ayant cassé par accident son ampoule de prozium, il éprouve des émotions qui le perturbent. Il va connaître alors une profonde remise en question qui va le faire revivre l'exécution de sa femme et douter de ses convictions.
D'après Wikipedia, le film aurait été un échec commercial à sa sortie en salle. Il serait devenu un succès depuis sa parution en DVD. L'histoire se serait inspirée de THX 1138, premier film réalisé par George Lucas en 1971. Pour ma part, j'y ai vu des ressemblances avec Le Meilleur des mondes (Brave New World) de Huxley (la drogue que les citoyens doivent prendre) et Farenheit 451 de Bradbury (l'ecclésiaste Preston, qui passe de chasseur fanatique à déviant, est très proche de Montag, le pompier pyromane de Farenheit 451). Des similitudes avec Matrix (The Matrix) aussi, notamment dans les scènes de combats impressionnantes, qui tendent vers une esthétique manga. Le film aurait d'ailleurs tenté de voler la vedette à Matrix lors de sa sortie par un slogan assez prétentieux.
Des points que j'ai aimés également : les jeux de lumière -le camp du « bien » étant lumineux au début et celui du « mal » sombre, ce qui change avec la vision du monde de Preston- et les gros plans sur les visages qui m'ont fait frissonner plus d'une fois. C'est que comme dans Bienvenue à Gattaca (Gattaca), autre univers uniforme où le héros triche, la moindre mimique peut révéler ses vraies émotions et lui coûter la vie.
 
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