Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
EUTOPIE : Voyages géographiques, oniriques et poétiques de M. Rigan

PARTI POUR CROATAN

2 films de David Fincher : "Panic Room" et "Gone Girl"

Publié le 20 Septembre 2015 par Mako Rigan in Cinéma

Panic Room, 2002
 
On ne présente plus David Fincher, un des maîtres contemporains du suspense et des rebondissements. Seven m'avait captivé, Fight Club laissé sans voix, Alien 3 fait honneur au film d'horreur et je tiens The Game pour un des meilleurs films que j'aie jamais vus.
Je viens de regarder Panic Room, réalisé en 2002. L'histoire est celle d 'une mère (jouée par Jodie Foster) et de sa fille qui emménagent dans une maison immense, payée par l'ex-mari, qui est un riche industriel. La maison comporte une « panic room », pièce conçue pour être imprenable en cas d'attaque venant de l'extérieur. Mais lors de la première nuit passée dans la maison, trois cambrioleurs entrent par effraction. La mère et la fille se réfugient dans la panic room, mais ironie du sort : c'est là que les malfrats souhaitent se rendre pour récupérer un magot qui avait été caché. L'un des cambrioleurs, Burnham (Forest Whitaker), est plutôt un brave type qui ne veut blesser personne. Un autre, Raoul, est armé et a des allures de psychopathe.
La trame semble simpliste, mais ça m'a fait l'effet d'un bon film de suspense, grâce à la tension qui ne descend pas vraiment, l'utilisation de la panic room, qui permet d'inverser les rôles des assiégés et des assaillants, l'ingéniosité déployée par la mère, la manière de filmer de Fincher, enfin, qui me fait frissonner (de la caméra qui filme en traversant les étages aux zooms sur les détails). Les conflits de personnalités entre Burnham et Raoul font montrer un peu plus la sauce et rendent le dénouement imprévisible. J'ai adoré une des scènes finales de l'arrestation de Burnham, caractéristique de sa personnalité : il fait passer la vie avant l'argent, à la différence de ses complices.
 
 
 
 
Gone Girl, 2014
 
Amy (Rosamund Pike) disparaît le jour du 5e anniversaire de son mariage avec Nick (Ben Affleck). Seul élément suspect : la table du salon est en pièces. Dans la conférence de presse qui suit, il ne semble pas très affecté par la disparition de sa femme. L'affaire touche tous les USA, car le couple était riche et célébré à Manhattan. Amy était devenue une vedette grâce à la bande dessinée que ses parents avaient publiée dans son enfance, la mettant en scène sous les traits de « l’épatante Amy ». Le comportement détaché de Nick fait vite de lui un coupable idéal. En parallèle à l'enquête policière, il retrouve la trace de deux anciens partenaires d'Amy par qui il apprend quel genre de machinations elle est capable de mettre en place. En réalité, elle est bien vivante. Elle souhaite faire payer à son mari l'indifférence à son égard dans laquelle il a sombré ainsi que son infidélité. Amy a mis au point un jeu de piste pour qu'il retrouve sa trace, comme pour chacun de leurs anniversaires de mariage. Mais cette fois, Nick risque la peine de mort.
J'ai été scotché par ce film. Les rebondissements successifs m'ont mis une série de gifles. La tension ne retombe jamais. Comme j'aime le cinéma qui m'emmène à des endroits où je m'attendais pas, me bouscule et me fais douter, j'ai adoré !
C'est une adaptation du roman de Gillian Flynn, romancière de polar américaine.
Le film aurait provoqué des polémiques concernant sa misogynie supposée. Flynn a répondu dans une interview accordée au New York Times qu'elle a voulu montrer le côté sombre des femmes et que lorsque les hommes mettent en scène des personnages masculins mauvais, ils les appellent antihéros. En France, l'association Osez le féminisme a décrit le film comme une œuvre de propagande masculiniste. Moi qui suis pro-féministe, ça m'a rappelé deux de mes ex : une qui rêvait tellement de perfection qu'elle était incapable de tolérer les défauts des autres et imaginait des machinations, l'autre qui évoluait dans un monde de faux-semblants de cette Amérique « fabrique de monstres ».
 
Commenter cet article