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EUTOPIE : Voyages géographiques, oniriques et poétiques de M. Rigan

PARTI POUR CROATAN

Les humains passent, des idées restent...

Publié le 28 Novembre 2014 par Mako Rigan in Chanson francophone, Musique, Politique, Gauche, Hommes-Femmes, Amour, Fraternité, Solidarité, Rebelles & révolutionnaires, Belles personnes

Une pensée pour Jean Ferrat, disparu il y a 4 ans.
J'ai récouté quelques unes de ses chansons. La musique a souvent vieilli, je trouve. Mais ses mots me touchent en profondeur, car ils ont la force et la beauté de ce qui sonne juste. Ses révoltes, ses doutes, son optimisme aussi. Les hommes et les femmes passent donc, mais des idées restent. Quelles idées ?
Ferrat, pour moi, c'est d'abord l'engagement et le courage.
Ses prises de positions politiques lui ont valu d'être traîné dans la boue et censuré. Parce qu'il dénonçait les guerres coloniales ("Un air de liberté"), se positionnait du côté des opprimés, des ouviers, célébrant les révoltes et les révolutions ("La Commune", "Ma France", "Camarade), affichait sa solidarité aux femmes en lutte pour leur émancipation ("La femme est l'avenir de l'homme", "Une femme honnête").
Ferrat, c'est pour moi une image de la solidarité et l'entièreté. J'aime des textes comme "Le Bilan" ou "Camarade, critiquant les répressions ayant lieu dans les pays socialistes alors qu'il faisait sien l'idéal communiste. J'ai beaucoup d'estime pour les gens capables de se remettre en question tout en gardant leur optimisme.
On le connaît peut-être moins, mais Ferrat, c'est aussi un combat pour la chanson française. Il critiquait l'influence grandissante de l'anglais dans la chanson ("Pour être encore en haut de l'affiche"), qu'il défendait comme moyen d'expression et pas comme objet de consommation, mettant en avant des auteurs-compositeurs-interprètes francophones de talent (comme Paccoud, Forcioli, Joyet ou d'autres).
Il dénonçait la vénalité des médias soumis aux intérêts de gros groupes et prêts à tout pour faire plus de parts de marché ("A la une"), la superficialité des normes de la société de consommation ("La montagne", "Ma môme...).
Ferrat, c'est le lien entre luttes sociales et engagement culturel, poésie et révolution.
Je me rappelle cet échange si fort qu'il avait eu avec Brassens sur un plateau télé (voir un extrait de la vidéo plus bas).
Ferrat, c'est la poésie mise en musique. La sienne, bien sûr, et celle d'Aragon, d'Apollinaire, de Gougaud et de tant d'autres qu'il a mis en musique. Les hommages qu'il a rendu à Pablo Neruda, Victor Jara ou Federico Garcia Lorca...
Merci à toi, Jean Ferrat, d'avoir été une âme lumineuse ! 
 
 
Quelques unes de ses chansons (non chronologique) :

Superbe chanson d'amour (texte de Louis Aragon)

Sur les camps de concentration. On sent son amour de l'humanité. On a tenté de freiner cette chanson dans le contexte politique de l'époque, mais le public l'a suivi.

Hommage à la mutinerie des marins russes en 1905. L'ORTF censura la chanson.

Dénonciation des valeurs consuméristes et urbaines. Une vraie chanson écologiste.

Solidarité avec les luttes émancipatrices des femmes et des opprimés.

Dénonciation de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie (1968) et ode à la fraternité.

Dénonciation des dictatures et de l'hypocrisie de la démocratie.

Dénonciation de la guerre coloniale en Indochine.

Récit de l'horreur de la guerre civile (espagnole)

Apologie des luttes collectives et de la fraternité.

Dénonciation des crimes du socialisme autoritaire.

Hommage à la France qui résiste aux puissants, censuré aussi à sa sortie.

Après que le PS ait renconcé aux idées de justice sociale (moitié des années 80)

Hommage à une révolution autogestionnaire qu'on ne nous explique pas vraiment à l'école.

Une des plus belles chansons d'amour que je connaisse.

 
 
Quelques interviews :
 

1969 : Diaiogue Ferrat-Brassens sur l'engagement

1975 : Ferrat inquiet de la puissance grandissante des intérêts privés dans la chanson et la télévision

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