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EUTOPIE : Voyages géographiques, oniriques et poétiques de M. Rigan

PARTI POUR CROATAN

La nature a parlé...

Publié le 15 Novembre 2014 par Mako Rigan in Pensée du soir, Faune & flore, Mes photos

Parmi les beaux moments à mon retour de voyage, celui où j'ai trouvé un amas de gros points noirs sur mon bureau. Je me suis demandé si c'était animal et, si oui, de quel animal ça pourrait venir. J'avoue avoir envisagé des crottes de nez, ou des crottes tout court, venant d'une bestiole de très petite taille. Sauf que quand j'ai trouvé des débris végétaux près de ces mystérieux points noirs, j'ai compris. Ça sentait le basilic.Ma colocataire avait récupéré les graines de mon basilic avant qu'elles se perdent !
J'ai entendu récemment qu'il était interdit aux USA d'utiliser des graines produites par les plantes qu'on cultive pour les planter. Un exemple d'aberration d'où le culte capitaliste de l'argent pousse l'humanité. Il me semblait pourtant que l'humain qui travaille la terre pour produire sa nourriture (le paysan ou l'agriculteur) faisait ses semences depuis les origines de l'agriculture.
Aujourd'hui des individus mettent la main sur la production du vivant et veulent interdire à tous les autres de donner la vie sans leur autorisation (moyennant monnaie). La monstruosité de l'entreprise, c'est que la nature ne peut appartenir à personne, quoiqu'en pensent les Montsanto et autres gros semenciers. Viendra peut-être un temps où il leur faudra rendre des comptes pour s'approprier le bien commun.
Dans le même genre, une Américaine m'a raconté récemment que dans certains états des USA il serait interdit de récolter l'eau de pluie ! Ce qui tombe du ciel ne serait pas la propriété de Dieu, mais de l'Etat. J'ai fait une recherche rapide sur le net. Les résultats obtenus confirmaient ce que j'avais entendu.
[A ce propos, il faut absolument que je finisse le livre de Starhawk, Femmes, magie & politique, qui parle du moment où l'humanité a basculé dans une vision d'elle-même comme séparée de la nature, cette dernière se réduisant alors à une entité à exploiter jusqu'à la mort. Les exemples des esclaves noirs dans les champs de coton me viennent à l'esprit, et de ceux qui ont construit les pyramides d’Égypte, ceux qu'on a tué à la tâche dans les camps de concentration nazis, et aussi les Népalais qui meurent en construisant les infrastructures de la Coupe du Monde au Qatar de 2022...
J'ai une pensée particulière pour Hitler et le nazisme, qu'on a diabolisés, alors qu'ils ont utilisé beaucoup de monstruosités existant avant eux et en ont inspiré d'autres aux « démocraties » occidentales actuelles.]

Sur mon bureau, c'était donc des graines de basilic. Pourtant j'ai été surpris de voir sur la table de la cuisine des points noirs de la même taille. Mais là pas de basilic qui tienne. Pas d'explication jusqu'à ce que ma coloc me glisse qu'il devait y avoir une bestiole dans le coin. J'ai jeté un œil perplexe au chat. Sous la torture (je l'ai chatouillé longuement) il a juré être innocent et lâché qu'il y avait un autre animal de taille visible dans la maison...
Sur la table il y avait quelque chose que j'avais négligé : un verre rempli d'un bouquet de persil fané qui commençait à puer. En regardant j'y ai vu une bonne grosse chenille vert clair. Pauvre chenille affamée s'attaquant à des brins de persil chétifs et en pleine décomposition... Les points noirs sur la table étaient donc les déjections de la chenille.
J'ai demandé à ma coloc ce qu'on pourrait faire d'elle. Elle a suggéré de la jeter à la poubelle, ce que j'ai interprété comme une condamnation à mort non avouée.
Bon, je comprenais qu'elle avait des raisons de haïr les chenilles depuis qu'une colonie avait ravagé son bananier géant. Difficile de mettre cet animal goulu dans du vert autour de moi : tout ce qu'il y avait de vert dans la maison, c'était nos plantes ! Je lui ai trouvé une grosse feuille verte que j'ai posée au milieu du persil putréfié. Aucune réaction de la chenille. Toutes les heures, j'ai jeté un œil. Elle avait chaque fois une autre position sur le bord du verre ou parmi les restes pitoyables du persil. Et 24 heures plus tard il arriva... que la chenille s'installa sur la feuille que je lui avais donnée.
Le surlendemain : elle avait tissé un cocon à l'extrémité de la feuille, la protégeant des contacts avec des insectes venant de l'extérieur. J'étais ravi d'assister à ce spectacle dans ma maison. A partir de ce moment j'avais plus à lui apporter à manger. Je me suis souvenu de mon expérience avec l'abeille que j'avais essayé de sauver de l'araignée il y a quelques mois... J'étais curieux de voir comment les choses allaient évoluer cette fois-ci.
Pendant quelques jours, la couleur de la chenille passa du vert au noir, petit bout par petit bout. 2 semaines sont passées. Le seul changement visible est que la feuille se flétri. Elle sèche. Ça tombe bien : j'ai lu sur le net que d'habitude les chenilles se mettent au dos d'une feuille sur le sol pour réaliser leur métamorphose en papillon.
Affaire à suivre !
Le persil fané, la feuille et le cocon

Le persil fané, la feuille et le cocon

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