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EUTOPIE : Voyages géographiques, oniriques et poétiques de M. Rigan

PARTI POUR CROATAN

Ah, les films de Michel Gondry !

Publié le 8 Juillet 2014 par Mako Rigan in Cinéma

J'ai mis très longtemps pour m'y mettre. J'avais souvent entendu parler de La Science des rêves en éloges interminables, de L'Ecume des jours en mal. Comme généralement les échos positifs insistants m'ennuient et que les négatifs attisent ma curiosité, j'ai regardé le deuxième.

2013

L'Ecume des jours : J'avais pas lu le roman de Vian dont l'histoire est inspirée. Donc pas de risque que je sois déçu en comparant. D'abord j'ai eu du mal à y entrer. Je me sentais étouffé par le chaos de détails de cet univers bizarre (les inventions technologiques, le mode de communication des personnages, les glissements répétés entre réalité et imaginaire...). Puis je me suis remis en tête que découvrir quelque chose de nouveau, c'est accepter de s'ouvrir à l'inconnu, se mettre dans les conditions d'y croire. Et là j'ai fait un sacré voyage. J'ai alors aimé les jeux de Duris, Tautou, Gad Elmaleh et Omar Sy. Je me suis laisser guider dans cet univers onirique et angoissant : le robot-sonnette, l'anguille sortant du robinet, les dialogues avec la télé, le cuisinier dans le frigo, ce monde futuriste d'un passé qui devient intemporel, les clins d’œil à une époque (le jazz, Sartre...), la mise en scène de l'obsession du personnage jouée par Gad Elmaleh, le nénuphar-maladie et sa progression. La fin, je l'ai vécue comme une exécution à la Marie Stuart. Pas un coup de hache net, mais une longue agonie. On a un bon dénouement sordide et pathétique pour le couple d'amoureux. J'ai trouvé ça cynique, anti-romantique. Je peux pas mesurer le degré de fidélité au roman de Vian. Mais j'ai bien aimé ce film.

2006

J'ai enchaîné avec La Science des rêves. J'ai été touché par le côté « dans son monde » du personnage principal. Il m'a rappelé ma manière de voir le monde, ou celle de certaines que j'ai pu aimer. Mais j'ai ressenti de la souffrance aussi, en écho à celle de Stéphane, le personnage principal, du fait de sa grande sensibilité et impossibilité à voir la réalité que les autres voient. La fin est triste. Il s'en va. C'est tout. J'ai aimé encore plus aimé que le premier film.

2007

Be kind, rewind ("Soyez sympa, rembobinez") m'a fait l'effet d'être d'abord une espèce de blague cinématographique. Une comédie avec un scénario un peu flaiblard (les gars du magasin de location de cassettes vidéos qui refont tous les films eux-mêmes pour que le patron s'en rende pas compte), pas crédible pour un sou... sauf que je me suis laissé prendre encore une fois. Si j'ai rigolé ou souri, j'ai aussi apprécié la trame sociale - la mobilisation progressive de tout le quartier pour les tournages - et historique - un bout de la vie de Fats Waller, que j'ai découvert avec plaisir.

2004

Eternal Sunshine of the Spotless Mind : J'ai adoré. Ça me rappelle une des enquêtes des surréalistes portant sur le combat entre amour admirable et vie sordide. Jim Carrey (Joel) et Kate Winslet (Clementine) vivent une histoire d'amour à la fois admirable et sordide. Joel vit très mal le fait qu'elle ait demandé à une entreprise d'effacer tout souvenir de lui dans son cerveau. Il va tenter d'accomplir le même processus, sauf que tout va pas se passer comme prévu. Joel retrouve Clementine dans ses souvenirs pendant qu'il est opéré. Pourtant, surprise : il cherche à sauver leur histoire. J'ai aimé la suite de rebondissements ; les glissements entre imaginaire et réalité chers à Gondry ; une des idées fortes du film : l'amour et l'imagination sont plus forts que la science et les machines ; l'acharnement de Joel, puis finalement des deux protagonistes, qui décident de s'aimer envers et contre tout, comble de l'aveuglement ou simplement acceptation de ce qu'ils sont. Du cinéma cultivant l'optimisme !

2012

The We and the I (« Le Nous et le Je ») : D'après ce que j'ai lu ça aurait été un vieux projet que Gondry voulait réaliser. Il s'y serait inspiré de pensées qu'il avait eu après avoir observé un groupe de jeunes et de souvenirs de son adolescence. Les acteurs sont 40 jeunes du Bronx rencontrés dans un centre d'activités artistiques. Les dialogues se baseraient en grande partie sur les histoires qu'ils ont racontées. La trame de base de l'histoire, c'est le retour en bus du lycée d'une bande de jeunes. La nature de leurs comportements change selon qu'ils sont en gros groupe ou en petit comité au fur et à mesure que le bus se vide, les personnalités se dévoilant. Une chouette leçon de psychologie sociale !
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